La littérature, ou le sexe fantôme

Philip Roth poursuit depuis quelques années une oeuvre plus méditative. Paru en 2009, Exit le fantôme est une remarquable réussite romanesque et une réflexion subtile sur l’essence du désir et de la mort. Cet essai en fait ressortir l’importance au regard du reste de l’oeuvre et montre comment il constitue également une défense de la littérature, en tant que savoir érotique qui interpelle la part la plus intime de la nature humaine.

LIRE LE TEXTE…

Tourisme et islamisme : la recherche de l’idylle

À partir de l’oeuvre de Milan Kundera et de Michel Houellebecq, une étude des liens qui unissent le tourisme occidental et le terrorisme islamiste. Sous des formes certes extrêmement différentes, le touriste et le terroriste partagent par bien des côtés une même quête de l’idylle. Qu’en est-il de cette quête et que nous dit-elle sur l’état de la culture et du désir, en Occident et ailleurs ?

LIRE LE TEXTE…


Lire tous les articles >>

Internet et l’exigence humaine

CARL BERGERON Mercredi 8 mai 2013

(Dans Le Devoir du 7 mai 2013, rubrique « Les idées en revues »)

Samedi 13 h, au Starbucks, coin Mont-Royal et Brébeuf. Affalés sur les chaises en bois et dans les fauteuils en cuir, des sédentaires en survêtement Adidas et en t-shirt American Apparel circulent à toute vitesse sur l’autoroute invisible du wi-fi. Quelques clients extravagants, assis face à la rue, soliloquent un micro iPhone à la main. Au milieu du café, des solitaires réunis en demi-cercle autour d’un foyer artificiel communient tête penchée sur leurs ordinateurs portables. Parfois, quelqu’un lève les yeux et promène un regard drogué sur l’assistance fluide et insaisissable. Deux extrêmes : le travail autistique et la rêvasserie masturbatoire. Entre les deux, la réalité inhabitable. Personne n’est vraiment là et pourtant tout le monde est las.

Ce rapide portrait de la petite faune ordinaire de l’urbanité occidentale dit une chose : au-delà d’un certain seuil, plus il y a de la « communication », moins il y a de lien social. Un environnement surchargé d’attirails médiatiques tend à censurer la disponibilité humaine et à atrophier la sensualité des corps et des visages. Prenez les voyages en transport en commun, devenus absolument sinistres. Qui se souvient de la dernière conversation qu’il a eue avec un inconnu dans le métro ? Le transport en commun devrait permettre de prendre le pouls du peuple, or il ne fait plus que mettre en scène la dépendance d’une majorité croissante de nos concitoyens à l’écran portatif.

La société de tous les jours – pas celle des politiques et des groupes de pression, mais celle que nous façonnons en vaquant à nos occupations privées et publiques – demande de l’attention, de la disponibilité, de l’empathie, de l’éveil. Si elle n’est pas incompatible avec le « flux » médiatique, elle ne saurait toutefois vivre à long terme sous son emprise sans se vider de son essence.

Optimisme libéral

Un certain optimisme libéral veut qu’on soit plus malin que la technologie et que celle-ci ne sera jamais que ce qu’on aura décidé d’en faire. La téléphonie et la télévision ont révolutionné la société en leur temps, plaide-t-on, et font aujourd’hui partie du paysage. On les cite ainsi en exemple pour disqualifier la critique d’Internet. Mais on oublie de dire que leur poids est sans aucune mesure avec celui de la révolution numérique.

Lire la suite…


C. A. : le chantier de l’amour

Comment la génération X négocie-t-elle son rapport à la révolution sexuelle ? Dans le cadre d’un dossier de la revue Argument sur les téléséries québécoises, ce court essai décortique la populaire télésérie C. A. et en propose une interprétation à la fois empathique et amusée.

LIRE LA SUITE…

Le Ministère de la Santé et des Sévices sociaux

Le récit satirique d’une épopée ordinaire dans les dédales du système de santé québécois. Marasme bureaucratique et barbarie au menu. « Le Principe d’Inertie, me disais-je, est un et indivisible. Il est au Québec ce que la Phénoménologie de l’esprit est à l’Allemagne. »

LIRE LA SUITE…



Table ronde sur le roman latino-américain

4 mai 2012 – En collaboration avec le Consulat du Mexique à Montréal, la revue L’Inconvénient tiendra une table ronde pour souligner la parution de son numéro 52 consacré au roman latino-américain, le 22 mai prochain de 17 h 30 à 19 h 30 à l’Espacio Mexico (2055, rue Peel, entre Sherbrooke et Maisonneuve). La table ronde sera suivie d’un vin d’honneur.

Noms des panélistes à venir.

Dossier dans Argument

2 mai 2012 – En kiosque, le nouveau numéro d’Argument (15-2) : le peuple selon la CLASSE, dossier dirigé par Éric Bédard ; la révolution numérique : utopies et réalités, dossier dirigé par Carl Bergeron ; rubrique Autour d’un livre sur La mesure de l’homme de Daniel D. Jacques ; rubrique Figures de pensée sur François-Xavier Garneau ; Tribune libre par Simon Martin ; Contribution libre par Esther Benfredj.


Crédit : Sébastien Côté

Né en 1980 au Québec, Carl Bergeron est diplômé en science politique et en littérature française de l’Université de Montréal.

Essayiste polyvalent, à l’aise dans la chronique comme dans l’essai approfondi, il s’intéresse à tous les sujets, de la culture (populaire ou savante) à la politique, en passant par les phénomènes de société les plus divers.

Engagé dans la vie intellectuelle québécoise, il est membre du comité de rédaction des revues Argument et L’Inconvénient.



Ce que je reproche à l’égalité, ce n’est pas d’entraîner les hommes à la poursuite des jouissances défendues ; c’est de les absorber entièrement dans la recherche des jouissances permises.

Ainsi, il pourrait bien s’établir dans le monde une sorte de matérialisme honnête qui ne corromprait pas les âmes, mais qui les amollirait et finirait par détendre sans bruit tous leurs ressorts.

Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique (1840)

Quiconque, par distraction ou incompétence, arrête tant soit peu l’humanité dans sa marche, en est le bienfaiteur.

E. M. Cioran, Syllogismes de l’amertume (1952)
Site internet développé par www.uzabi.com, copryright © 2011, Carl Bergeron.